Après les récentes décisions prises par le gouvernement, il est naturel de voir monter l’indignation. La fermeture forcée des musées et des centres culturels ne semble pas avoir beaucoup de sens si on garde en tête que les galeries commerciales, elles, sont toujours ouvertes. Il va sans dire que ces lieux sont aussi loin de provoquer de grands rassemblements et peuvent, avec les mesures nécessaires, respecter les règles sanitaires avec brio, considérant leur achalandage très peu élevé. Beaucoup ont décrié le facteur économique dominant dans cette affaire. Un gouvernement qui veut maximiser les profits tout en minimisant la contagion du Covid-19 verra dans cette action toute la logique du monde. Car si les cafés et les galeries commerciales ont besoin d’ouvrir leurs portes pour gagner de l’argent, les centres culturels subventionnés n’ont pas besoin de le faire. L’argent est techniquement déjà distribué et circule toujours, même les portes fermées. Au delà de s’offusquer des mesures drastiques, il faudrait de surcroit se poser la question suivante : à quel système avons-nous vraiment affaire? Si l’art n’a pas besoin d’être montré pour que la machine fonctionne, quelle est l’importance réelle de la production artistique? L’espace pandémique n’est pas, à mon avis, un territoire d’exception temporaire. La situation que nous vivons actuellement nous laisse voir, sous une lumière très vive, ce qui était déjà en place dans le milieu culturel.